À la « gnarnotte » du Printemps

mars 23, 2021

À la « gnarnotte » du Printemps

C’est le printemps. Les rayons de soleil chauffent enfin la forêt de tes ambitions sportives. Les oiseaux gazouillent, la neige fond et ruisselle. « L’ourcycliste » qui hibernait en toi s’éveille. Sans aucun doute, elle point à l’horizon : la meilleure saison de vélo ever !

Si, comme moi, dès lors te brûle l’envie d’enfourcher ton gravelbike dès que faire se peut, une question un peu embêtante se pose néanmoins. Comment composer avec les conditions moins que certaines qu’amène avec lui le printemps ?

Deux stratégies. D’abord : tant que les sentiers et chemins de terre sont — au mieux — détrempés, tant que subsiste le risque que sous tes roues la glace tourne inopinément à la slush et vice-versa, il peut sembler raisonnable de s’en tenir au tarmac. C’est généralement plus prudent (attention quand même aux nids-de-poule béants et aux plaques de sel oubliées). Appelons ça choisir de faire de la gravelle prudente. Il n’y a rien de mal à cela.

Pirelli Gravel-1

Alternativement, il pourrait plutôt s’agir d’adapter sa conduite et son équipement aux surfaces inégales, aux restes de bancs de neige et aux mottons de glace noircis de poussière qui parsèment les bords de pistes. De s’adapter auxdits sentiers qui sont à moitié inondés, boueux ou encroutés... Bref : à la « gnarnotte » du printemps.

Est-il possible de signifier, sans y consacrer un article complet, l’importance des pneus en gravelbike et en vélo d’aventure plus largement ? Non. Mais pour faire court : choisir les pneus appropriés est garant d’un impact maximal dans le sens de l’adaptation à ces conditions hors-normes. Tout simplement. Or, si dans un article précédent je faisais l’éloge de la souplesse, c’est pourtant une toute autre logique qui m’a guidé dans mon choix de pneus, ce printemps.

C’est la mention, par d’autres confrères évaluateurs, de l’adhérence exceptionnelle du Cinturato Gravel M (pour « Mixed terrain »), par Pirelli, qui a d’abord piqué ma curiosité. Après l’avoir testé dans une diversité de conditions, je confirme que son adhérence elle aussi hors-normes est idéale pour s’élancer dans les conditions moins que certaines de la gravelle et de la gadoue printanières (tout comme celles de l’automne tardif).

Pirelli Gravel-2

Rouler sur un Gravel M de 45mm, c’est sentir que chaque coup de pédale mord dans le mou comme un pneu de tracteur qui tracterait. C’est incliner le vélo, même sur le mou. C’est ensuite l’incliner encore un peu plus, en cherchant le point où ça décroche. C’est ne pas le trouver. C’est s’attendre, avec une telle adhérence, à ce que ça roule un peu moins vite sur la route. Avec sa bande centrale quasi continuelle, j’ai été agréablement surpris.

Ses propriétés résultent de sa forme, mais aussi de sa gomme et de sa carcasse, lesquelles participent aussi de la robustesse remarquable du pneu. Un peu comme en vélo de montagne, si l’on n’aborde pas les irrégularités de la surface et les obstacles avec souplesse et déformation, une autre manière de faire consiste à les aborder avec robustesse et aplomb ! La trace du Gravel M rappelle d’ailleurs celle des pneus de vélo de montagne de la décennie 1990.

Pour ce printemps, je le conseille chaudement aux graveleuses et aux graveleurs téméraires. Celles et ceux qui au moins envisageront de jumper les bancs de neige durcis sans trop s’en faire avec ce qui est peut-être caché en dessous. Le verdict donc est le suivant : adhérence et robustesse, idéales pour un printemps joueur et sans tracas !

Salut les vrais. Un blogue de Pierre Gravel.

L’auteur est passionné de vélo depuis l’enfance. Travailleur de bike shop dans sa première vie, il termine aujourd’hui des études en communication. Ce blogue reflète son opinion indépendante.